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Histoire du populisme nord-américain

Par INES CUSSET, publié le dimanche 5 mars 2017 12:24 - Mis à jour le dimanche 5 mars 2017 12:26

cette chronique a été rédigée par Marie Gannac

Les enjeux internationaux — 10 janvier 2017

Tamara Boussac : angliciste et spécialiste des Etats-Unis

PLAN

  • Définition du populisme
  • Histoire du populisme aux Etats Unis
  • Analyse du programme social de Trump
  • Analyse du slogan « America first »

 

mots clés: Trump, populisme, programme social de Trump, histoire des Etats-Unis, America first, Obama Care, Medicare, xénophobie, chômage 

Le populisme est une notion-valise. Le mot peut raisonnablement s’employer à l’égard (ou à l’encontre) du nouveau président américain, comme il s’applique à des pays européens. Volonté de représenter le peuple, réponses simplistes à des questions complexes, esprit anti-système et anti-élites, culte du chef, instrumentalisation du thème du déclin, exploitation des peurs collectives, etc., ces ressorts sont bien connus.

Le  mot populisme aux Etats-Unis a désigné en premier le mouvement fermier anti-monopole de la fin du XIXe siècle. Il s’agissait d’un mouvement anti-élites implanté dans les états du sud.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, il désigne une volonté d’émancipation sociale qui se traduit par une demande croissante d’intervention de l’Etat pour protéger les classes populaires méritantes.

Mais après la Guerre, la signification s’inverse profondément, les populistes (qui appartiennent désormais la droite américaine) critiquent l’action de l’Etat fédéral qui ruine le pays dans l’intérêt des « plus faibles ».

En ce qui concerne Trump, c’est la mobilisation de la classe moyenne blanche déclassée qui lui a permis l’accès au pouvoir grâce à sa promesse de sauvegarder les emplois industriels. L’opinion européenne tend - en ce moment - à oublier la nature le programme social de Trump. Il soutient les programmes Medicare (assurance santé) et Social Security (retraite) car ils protègeraient les « vrais américains », ceux qui travaillent et cotisent, tandis que le programme Obama Care est mal perçu de l’opinion publique car accusé de profiter aux immigrés et aux chômeurs au détriment des classes méritantes.

Quant au slogan de « l’America first » il ne s'agit pas du tout d'une une idée nouvelle. Celui-ci remonte au moins à l’association isolationniste  de la fin des années 1930 qui militait pour la non-intervention des Etats-Unis dans la Seconde Guerre Mondiale. Ce slogan a ensuite était repris dans les années Nixon et Reagan. 

Souvent accusé d’être en contradiction avec ses propos il semple que depuis le début de sa présidence Donald Trump veuille appliquer à la lettre les mesures pour lesquelles il a été élu : c'est le cas du décret anti-immigration, notamment.

Maintenant, indépendamment des discours de campagne et même des premières décisions, il faut attirer l'attention sur les nominations de Trump à la maison blanche : elles vont radicalement à l’encontre de ses discours anti-élites et de ses promesses sociales.

DEFINITIONS & PRECISIONS

Populisme

étymologie : du latin populus, peuple.

En politique, le populisme désigne l'idéologie ou l'attitude de certains mouvements politiques qui se réfèrent au peuple pour l'opposer à l'élite des gouvernants, au grand capital, aux privilégiés ou à toute minorité ayant "accaparé" le pouvoir... accusés de trahir égoïstement les intérêts du plus grand nombre.

Pour les "populistes", la démocratie représentative fonctionne mal et ne tient pas ses promesses. Prônant une démocratie plus directe, ils ont donc pour objectif de "rendre le pouvoir au peuple".

Le terme "populisme" sert aussi à dénoncer les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes ou qui flattent ses "bas instincts" comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires.

Nationalisme

étymologie : du latin natio, naissance, extraction, dérivant de natus, né.

— Premier sens : le nationalisme "libérateur"

Ce nationalisme est une doctrine et une action politique qui visent à l'indépendance d'une nation lorsqu'elle est placée sous une domination étrangère. Le nationalisme peut aussi chercher à défendre une culture opprimée ou niée par un occupant ou dissoute au sein d'un ensemble plus vaste.

Le nationalisme s'appuie alors sur l'unité historique, culturelle, linguistique de la population. Il est fondé sur le principe d'autodétermination des peuples ("droit des peuples à disposer d'eux-mêmes") avec pour conséquence la souveraineté populaire et l'indépendance de l'État sur un territoire national.

Lorsqu'il s'agit de revendications par une communauté particulière au sein d'un Etat-nation plus étendu, on parle de régionalisme, d'autonomisme ou d'indépendantisme, suivant le degré souhaité d'autonomie.

— Second sens : le nationalisme "dominateur"

Au sein d'un Etat-nation existant, le nationalisme "dominateur" est une idéologie politique qui donne la primauté à la nation par rapport à toute autre considération dans les relations internationales.

Ce nationalisme peut trouver son origine dans des peurs provoquées par des dangers extérieurs ou par un ennemi intérieur (xénophobie, antisémitisme). Il conduit alors à un certain isolement et au retour vers le système de valeurs sur lequel est fondée la nation.

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