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L’Europe et les énergies renouvelables de la mer

Par INES CUSSET, publié le dimanche 23 avril 2017 12:21 - Mis à jour le dimanche 23 avril 2017 12:24

Le compte-rendu a été rédigé par Bastien Richard

Les Enjeux internationaux — Thierry Garcin — 27 janvier 2017

intervenant : Thierry Kalanquin : directeur de la Division Energies et infrastructures strategiques de la DCNS (Direction des constructions navales)

les mots clés : DCNS — éolien — Europe — hydrolien — usine marémotrice de la Rance

Plan :
I/La mer, une source d’énergie au potentiel démesuré
II/L’exploitation de la mer est déjà en marche
III/Quelle place pour la France et ses entreprises pionnières ?

L’exploitation de la mer est au centre de toutes les attentions. Les Etats y voient un enjeu stratégique et une manière de s’émanciper de toute dépendance énergétique tandis que les compagnies « traditionnelles », qu’elles soient pétrolières ou gazières, y voient là leur futur.

Et pour cause, le potentiel énergétique de la mer est tout simplement faramineux pour deux raisons principales. La première tient au fait que la mer est la plus grande réserve énergétique au monde. Elle est traversée continuellement par des vagues, des courants ou encore du vent qui sont à même, s’ils étaient exploités pleinement, de couvrir de loin tous les besoins énergétiques de la planète. La deuxième tient au fait qu’il est de plus en plus difficile, sur la terre ferme, d’implanter des sites de production d’énergies renouvelables en raison des impacts environnementaux et de la forte densité de population. Le deuxième atout de la mer est sa surface.

Il existe d’ores et déjà des technologies d’exploitation de l’énergie maritime. Ainsi la France a été pionnière en la matière dans les années 1960 avec la construction de l’usine marémotrice de la Rance. Ensuite l’éolien marin est de loin la technologie marine la plus répandue. L’existence de la technologie a rendu plus aisé son développement en mer. Ce développement est aussi dû au meilleur rendement des éoliennes en mer, grâce à un vent plus constant et plus puissant, mais également à l’espace bien plus importante que sur terre qui permet de construire des installations bien plus grandes en taille. De nouvelles technologies voient désormais le jour comme l’hydrolien, de gigantesques turbines placées sous l’eau afin d’exploiter l’énergie des courants, ainsi que les ETM, implantées essentiellement dans les eaux tropicales, qui exploitent la différence de température entre eau de surface et eau de profondeur à la manière de nos pompes à chaleur. Enfin, l’exploitation de la houle est un domaine prometteur qui a l’avantage de se situer près des côtes, c’est-à-dire près du lieu de consommation, réduisant ainsi les problèmes liés au stockage et au transport d’énergie.  En effet, aujourd’hui plus de 80% de la population mondiale vit à moins de 200 kilomètres des côtes, cet enjeu est donc crucial.

La France et ses entreprises pionnières, en particulier la DCNS, se veulent pionnière en la matière. La DCNS a ainsi pour objectif d’être dans les leaders mondiaux dans le domaine à horizon de 20 ans. Les technologies de la mer s’inscrivent dans la lignée des activités actuelles du groupe DCNS, cette filiation technologique incite le groupe à persévérer dans cette voie. Cependant le prix à payer est lourd car les investissements sont à la fois très importants et à envisager sur le long terme. Ainsi, la DCNS a déjà investi plus de 150 millions d’euros en recherche et développement pour les énergies en mer. Ce sont de surcroît des technologies complexes et de grandes structures. Une éolienne en mer représente une moitié de tour Eiffel et pèse plusieurs milliers de tonnes. Une centrale hydrolienne pèse également plus de 1000 tonnes et fait la hauteur d’un immeuble de 7 étages.
    
quelques compléments :

Inaugurée par Charles de Gaulle le 26 novembre 1966, l’usine marémotrice de la Rance, située près de Saint-Malo, est une prouesse technologique pour l’époque qui marque l’avance de la France dans ce domaine. Cette usine fut l’usine marémotrice la plus puissante du monde de son achèvement jusqu’en 2011, détrônée par une usine en Corée du Sud.

Quelques chiffres sur la production mondiale d’électricité. Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui 20% de l’énergie mondiale produite. L’énergie marine ne représente que 0,01% de la production d’énergies renouvelables. L’Europe est incontestablement leader dans le domaine puisque 90% de l’énergie marine est produite en Europe.

Le groupe DCNS est un fleuron de l’industrie française et un des leaders mondiaux de la technologie navale militaire qui essaye désormais d’étendre son champ d’action à des activités privées.
 

un avis bref sur la qualité de l’émission :
Emission très intéressante sur un sujet d’avenir qui cependant ne rend pas assez compte à mon goût des enjeux que cela implique sur la scène internationale.

https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/energies-leurope-et-les-energies-renouvelables-de-la-mer

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