Entrez en prépa HEC

L'industrie du luxe veut conjuguer éthique et développement durable

Par INES CUSSET, publié le dimanche 4 février 2018 13:00 - Mis à jour le dimanche 4 février 2018 13:00

Sous la poussée des Millenials, les consommateurs réclament plus de garanties sur les produits.

De nouveaux acteurs tirent les marrchés du luxe vers le développement durable d'après une enquête du BCG, le Boston Consulting Group.
Et si l’avenir du luxe devait passer par le philtre de l’éthique et privilégier le développement durable  ? C’est en tout cas l’une des préoccupations affichées par les représentants des grandes marques qui tiennent sommet à Paris aujourd’hui. C'est surtout que sur ce marché monte une nouvelle  clientèle: celle des Millenials, nés dans les années 1980, qui se montrent plus curieux des origines des articles qu’ils désirent, et lus exigeants pour certains. Et cela s’accompagne de plus en plus d’une demande de certification sur toute la chaine de valeur. Le consommateur – les marques parlent volontiers de nouveaux comportements- demandent plus de  garanties sur la fabrication. Question de savoir de quelles exploitations proviennent des fourrures,  ou bien les origines géographiques de diamants par exemple…C’est la traçabilité des produits qui est en cause. Le mouvement est encore partiel. Mais des maisons prennent des initiatives, telles que Kering qui a lancé un programme spécifique permettant de mesurer les impacts environnementaux de différents produits.
Les préoccupations environnementales et éthiques pourraient finalement doper le marché du luxe  ? 
Y contribuer certainement. Après tout le luxe, c’est principalement le commerce de ressources rares, ce n’est pas incompatible avec les préoccupations environnementales, au contraire, sur un marché qui se développe; il prospère  à plus de 86O milliards d'euros à l’échelle internationale. S’il évolue, c’est aussi qu’il rajeunit à travers la demande chinoise, qui compte pour plus du tiers aujourd'hui, avec des catégories  d’acheteurs plus jeunes, qui ne font pas immédiatement leurs achats en boutiques mais passent par le digital. Ce faisant, ils sont influencés par  le volet du développement durable. Ils le sont donc par le truchement du commerce en ligne, qui représente 8 % et qui  pourrait tripler d’ici 2025. Et à travers les achats en ligne,c’est aussi la comparaison sur les prix qui s’effectue plus facilement. Plus de choix sur des gammes de produits, du coup les consommateurs  sont de moins en moins rivés sur une ou deux marques. Il se diversifie aussi  géographiquement ce commerce par la montée des achats de produits de luxe de l’Indonésie à l’Afrique. Notamment en Afrique du Sud qui concentre de  grands constructeurs d’automobile de luxe, ou la Tanzanie et le Botswana où viennent de s’installer des griffes de luxe dans la cosmétique et la haute couture. 
Mais la prise en compte du développement durable devrait faire monter les prix.
Pas de baisse en perspective sur le marché du luxe avec aussi la tendance à l’individualisation qui s’accentue  avec une demande de "sur-mesure" plus fréquente …Mais elle est contrebalancée par le recours à des matières nouvelles fabriquées à partir de de fibres naturelles,  notamment  dans l’habillement, voire à des opérations de recyclages, de conversion de matériaux.   Autrement dit un segment de l’industrie du luxe qui se développe en direction d’autres clientèles qui peuvent être moins fortunées mais qui émergent un peu partout.  
Et, globalement, sur ce marché qui compte plus de 400 millions de consommateurs, les Européens continuent de capter une large part du commerce mondial du luxe à la faveur du tourisme. Ce qui n’empêche pas les grandes enseignes d’ouvrir des magasins partout dans le monde.

Jean-Marc Chardon — France Culture — Le billet économique — 30/01/2018

Catégories
  • vers une vie professionnelle