La France deviendra-t-elle un paradis fiscal pour haut revenus de la finance ?

Catégorie : Débats

cette chronique est proposée par Ambre Bensahih

France Culture — Le billet économique — Annabelle Grelier — 1er décembre 2016

La place financière de Paris pourrait tirer profit du Brexit…à la condition de devenir un paradis fiscale pour les hauts salaires de la finance.

L’association de la Place de Paris, Europlace, mène un lobbying intense auprès des candidats à la présidentielle pour rendre Paris attractive aux yeux des banquiers. En novembre, à l’Assemblé Nationale, les députés ont voté l’élargissement du champ de la taxe sur les transactions financières, un « très mauvais message envoyé par la France aux milieux financiers internationaux » selon Annabelle Grelier. Cependant, Europlace entend bien revenir sur le sujet au cours des prochaines étapes de la discussion. De plus, le président de l’association, compte bien profiter des campagnes présidentielles pour défendre auprès des candidats une série de propositions destinées à convaincre les établissements financiers établis à Londres d'installer des équipes à Paris plutôt qu'à Francfort.

Paris pourrait devenir un paradis fiscal pour la finance, en effet selon un rapport d’Europlace, le taux d’imposition sur les hauts salaires est désormais le plus bas d’Europe suite au modification du régime des « impatriés ». Celle-ci permet aux salariés étrangers de bénéficier de réductions fiscales, les salariés et certains dirigeant de société venus travailler en France sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant 8 ans sur leur prime d’impatriation qui est d’environs 30% du salaire. De plus ces primes d’impatriations seront désormais exonérée de taxe sur les salaires. Ces deux mesures ont été annoncées en novembre par Manuel Valls. Le cout de ces mesures est de 165 millions d’euros, pour seulement 11 300 foyers.

L’instauration d’un statut spécial pour les hauts salaires est une des propositions majeures d’Europlace, alors que le ministre de l’économie et des finances l’avait rejeté, les prochaines élections présidentielles redonnent espoir à Europlace.

Autre point noir tout de même qu'il faudra régler : le droit du travail. Selon le président de JP Morgan France, les rigidités du droit du travail français dissuadent actuellement les grandes institutions financières basées à Londres d'envisager des transferts massifs d'activités vers la place de Paris.

Lien vers l’émission: https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/le-billet-economique-par-annabelle-grelier-3

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par INES CUSSET le 05 déc. 2016 à 17:53

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