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Quel avenir pour les fintech ?

Par INES CUSSET, publié le dimanche 11 février 2018 13:05 - Mis à jour le dimanche 11 février 2018 14:00

Le Paris Fintech Forum accueille cet hiver des jeunes pousses de la finance.

Ce n’est pas encore la ruée, mais ça en prend l’allure : la curiosité que suscitent les fintech. Ces sociétés financières qui émergent un peu partout sur le net entre les banques, les entreprises et les particuliers.

Elles tiennent salon aujourd'hui avec le Paris  Fintech Forum.  Elles se multiplient, mais quand on interroge les Français sur les fintech, une majorité répond ne pas  trop voir de quoi il s’agit…Pourtant le tiers des consommateurs disposant d'outils numériques prétend avoir utilisé au moins deux services financiers fournis par une fintech dans les 6 derniers mois, c'est ce qui ressort d'une étude du cabinet EY. C’est que, sans même s’en rendre compte on est en train d’entrer dans l’ère des fintech du fait de l’extension, la généralisation des services financiers. Et cela pourquoi ? Parce que le digital ouvre la voie aux échanges instantanés de données financières, et que sur ce créneau les sociétés les plus en pointe disposent d'outils performants pour s’immiscer dans les circuits.Et pour cause,  Par définition, la fintech c’est une société spécialisée qui intervient  sur trois filières principalement : la banque, l’assurance, la gestion d’actifs. Avec la libéralisation des échanges et la numérisation des activités, elles se retrouvent en position de force sur les services financiers. Du moins essaient-telles de le faire... 

Les fintech représentent-t'elles une menace pour les banques ?

On peut répondre par oui et non. Oui, dans la mesure où elles envahissent ce marché, qu’elles offrent des services complémentaires, rapides, à moindre coût…Et non, dans la mesure où les banques ont plus intérêt à  s’en rapprocher, car justement il y a complémentarité et que les fintech, surtout à leur début, comme toutes les jeunes pousses, affichent une grande aptitude à l’innovation -c’est d’ailleurs ce qui fait leur force- mais qu’elles ont du mal à lever des fonds par millions, comme c’est nécessaire, et qu’elles sont en déficit de notoriété.

Elles ont donc intérêt à pratiquer une forme de  partenariat…On parle beaucoup de co-working, la  pratique de l’innovation ouverte, où chacun s’enrichit au contact de l’autre au lieu de garder sous le coude des secrets de fabrication dans son département  de Recherche et développement. Et ce faisant, les banques testent, auprès des fintech, de nouveaux services.  

Quels risques d’entraîner plus de confusion entre les acteurs ? 

Où sont les limites ? Les acteurs du marché des services vous répondent qu’il n’y en a pas. Enfin pas vraiment. Parce que déjà, l’univers des fintech dépasse les frontières, sur le rebond des plateformes numériques. Ainsi de la société Finastra dont la recherche & développement est basée en France, mais qui se pose comme la première en Europe sur les solutions de progiciels bancaires, et qui revendique 9000 clients dans plus de 130 pays…Avec les fintech on se retrouve ainsi projeté sur les réseaux mondiaux. Leur terrain de jeu est mondial. Ce qui ne veut pas dire absence de règles ni de régulation. Il faut des garanties, il y a des obligations. A charge pour les autorités du secteur financier, AMF en France, Comité de Bâle, Commission européenne de définir les contours d’une régulation plus large. L'Europe s'y emploie en ce moment...

Jean-Marc Chardon — France Culture — 31/01/2018

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