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Paul Krugman — Pourquoi les crises reviennent toujours ?

Par INES CUSSETPublié le 23 avr. 2017 à 12:27

Économiste keynésien diplômé du M.I.T où il enseigne toujours ainsi qu'à Yale, Stanford, Princeton, défenseur du libre échange tempéré, prix Nobel en 2008 grâce à ses travaux sur le commerce international. 


Pourquoi les crises reviennent-elles toujours ? Car il y a une véritable incapacité à apprendre de nos erreurs et remettre en cause les doctrines erronées. Cela explique les crises connues depuis les 80, à cause aussi de la  financiarisation qui rend l'économie réelle dépendante des soubresauts de la finance mais aussi à cause des BCE  soient dépendantes des pouvoirs publiques ou alors des marchés financiers et des hedge fund (fonds spéculatifs) qui met à genoux les pays. Cause étatique également: la relance par la dépense publique se transforme en hausse des impôts et récession à court terme, et crise de la dette à long terme comme le montre le cas de l'Argentine en 2001. Ce sont les décisions politiques économiques qui ont provoqué les crises car elles sont prises à contre-temps ou sont contre-productives.

La solution selon P. Krugman est de contrôler les flux de capitaux et de créer massivement de la monnaie (signe du traumatisme de la crise des années 1930 qui a connu un effondrement de la demande solvable et un manque de monnaie). Une création de la monnaie qui a été mise en place dès le lendemain de la crise de 2008 et qui connait aujourd'hui encore des effets pervers. 

Conséquences du Brexit : ce qui nous touche…le transport aérien.

Par INES CUSSETPublié le 23 avr. 2017 à 12:04

Le compte-rendu a été rédigé par Eva Estela

France Inter — Dominique Seux — 29 mars 2017

Il faut plonger dans l’économie très concrète pour mesurer ce que peut ou va changer le Brexit officiellement déclenché aujourd’hui par Theresa May.

Ce qu’on appelle le "ciel européen" ne relève pas précisément de l’Union européenne, mais de textes spécifiques — il en existe une dizaine. L’effet de la sortie du Royaume-Uni est que Londres va perdre ce qu’on appelle les droits de trafic, les droits d’atterrissage et les licences d’exploitation qui permettent aux compagnies aériennes d’origine britannique de circuler librement à l’intérieur du ciel européen. British Airways et Easy Jet, par exemple, ne pourront plus assurer des liaisons entre Paris et Berlin ou Madrid pour la première, Paris et Toulouse pour la seconde. Ryanair, basée quant à elle en Irlande, n’aura pas ce problème ; cependant elle butera sur un autre : elle ne pourra plus assurer des liaisons Manchester-Londres, par exemple. C’est un bouleversement inédit dans un marché où la concurrence est féroce, au bénéfice des voyageurs et où le low cost a conquis une place toujours croissante y compris en France, grâce à ce ciel européen depuis vingt ans.

À partir de là, un grand marchandage va commencer. On le constatera dans tous les domaines et auquel beaucoup de gens vont consacrer une énergie incroyable pendant des mois et des mois.

British Airways, EasyJet et Ryanair vont expliquer qu’il ne faut rien changer du tout, au nom du pouvoir d’achat des voyageurs. Chacune va aussi essayer de se faire immatriculer sur le continent, ce sera facile pour British Airways propriétaire de l’espagnol Ibéria. Tirant dans le même sens, les organisations internationales de l’aviation, qui souhaitent que le maximum d’avions volent, diront que les compagnies suisses et norvégiennes, deux pays non membres de l’Europe, ont un accès total au ciel européen et qu’il n’y a aucune raison de punir Londres. En sens inverse, Air France et Lufthansa vont répéter pendant deux ans, comme vient de le faire le patron de la compagnie allemande, que "Brexit is Brexit", trop heureuses de voir baisser la concurrence. Alors quel sera le résultat ? Si pour l’instant, les 27 sont unis, la longueur des tractations ne joue pas en faveur de l'Union européenne.

L'aérien n'est qu'un exemple mais il est tout à fait possible que Londres ait, finalement, dans ce domaine et dans bien d’autres, la marmelade et l’argent de la marmelade. Je dirais même que c’est probable.

la fin de l'OMC ?

Par INES CUSSETPublié le 11 mars 2017 à 16:24 ♦ Mis à jour le 11 mars 2017 à 16:25

Le compte-rendu a été rédigé par Auranne Ars

France Culture — L'économie en question — Dominique Rousset — 4 février 2017

les mot-clés : mondialisation, traités multilatéraux, Trump, altermondialisme, OMC, Chine


Intervenants :
Sébastien Jean : économiste spécialiste du commerce international, directeur du Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII)
Laurence Daziano : économiste, maître de conférences à Sciences Po et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol)
Aurélie Trouvé : ingénieur agronome, économiste, co-présidente du Conseil scientifique d’Attac

Plan
I/Ralentissement économique mondial
II/ Traité multilatéraux et fin de l'OMC ?
III/ Quel avenir pour la mondialisation ? 


    Il s'agit de démêler les nœuds complexes des relations commerciales internationales, d’y voir clair dans la confusion actuelle, due à une situation économique dégradée mais aussi aux péripéties rencontrées par de nombreux accords conclus ou prévus entre les pays, de part et d’autre de la planète. Le directeur général de l'OMC Roberto Azevedo, avait fait part en septembre 2016, de sa préoccupation pour le commerce mondial, parlant « d' un ralentissement impressionnant », lié à l'hostilité croissante à l'égard de la mondialisation. Et d’ajouter : « Nous devons faire en sorte que cela ne se traduise pas par des politiques inconsidérées qui risqueraient d'aggraver encore plus la situation ! ». Le processus de ralentissement était déjà engagé : les échanges mondiaux ont nettement ralenti en 2015 puis 2016, atteignant un niveau inférieur à celui de la croissance, 1,7% et le plus faible depuis la crise financière de 2008. Les décisions déjà prises et les menaces proférées par l’administration américaine suscitent bien des réactions, parfois paradoxales, et beaucoup d’inquiétude. Le Brexit est un autre point de fixation préoccupant. Car les équilibres dans les relations commerciales internationales, en dépit des règles patiemment construites, sont particulièrement fragiles.
    Après 2008 il y a eu un ralentissement notable de l'économie y compris pour les émergents (Chine, Brésil..). L'OMC et l'OCDE s'en sont inquiétées. Mais quels sont les causes de ce ralentissement ? Pour Sébastien Jean, il y a notamment le rééquilibrage de la Chine d'une part, après avoir  connu son pic de taux  d'ouverture (en pourcentage des exportations / PIB)  en 2007, a perdu près de 10points de pourcentage de taux d'ouverture. D'autre part, le second point, plus récent est la fin d'un fractionnement des chaînes de valeur (= une division internationale du travail de plus en plus poussée), ce mouvement s'est arrêté, il y a même eu un léger reflux, tous les indicateurs l'indiquent, on ne peut cependant pas parler de démondialisation. Pour Laurence Daziono, les entreprises multinationale au principe de ce fractionnement ont tiré le meilleur de la mondialisation mais doivent aujourd’hui chercher de nouvelles sources de productivité ( les salaires augmentent considérablement en Chine, l'optimisation fiscale et les chaînes approvisionnement deviennent trop complexes). Le rythme de croissance des exportations (commerce mais aussi investissement) des pays émergents a diminué de plus de moitié entre 2015 et 2016, en raison de plusieurs crises. La première est la fin du pic des matières premières, alors même que la majorité des émergents ont construits leur économie sur la rente des matières premières, par exemple, le baril de pétrole a perdu la moitié de sa valeur en un an, ce qui touche particulièrement le Venezuela, la Russie, l'Angola, le Nigeria... D'après Aurélie Trouvé (qui prône une altermondialisation fondée sur la coopération et non pas sur la libéralisation et la mise en concurrence des marchés), il y a une hostilité croissante face à certaines formes de mondialisation. Attac (organisation altermondialiste) est attachée au multilatéralisme, ie à une régulation commerciale, se basant sur les volumes d'exportation, et aujourd’hui les droits sociaux et la protection de l'environnement. Face à des phénomènes de plus en plus prégnants comme l'accaparement des terres par les investissements étrangers il faudrait une régulation forte à l'échelle mondiale, afin d'éviter l'hégémonie de firmes multinationales sur des structures paysannes et familiales.

    La question des traités multilatéraux est centrale. Dès le 23 janvier , D. Trump en a annulé certains, serait-ce là les prémices de la mort de l'OMC ? Pour Sébastien Jean, D. Trump  n'est pas contre la mondialisation mais contre la forme de mondialisation actuelle basée sur des règles et des accords réciproques, auxquels il souhaite substituer des deals, qui trouvent leurs origines dans des rapports de force. Le commerce étant un jeu à somme nulle, il préfère les traités bilatéraux permettant d'optimiser ses propres avantages à l'échange par la confrontation. Comme le disait Churchill à propos de la démocratie «  c'est le pire régime, à l’exception de tous les autres. » C'est un peu la situation de l'OMC selon S. Jean, certes bourrée de défauts mais sans organisation efficace pour la remplacer, elle est souhaitable. Aurélie Trouvé considère que dans l'histoire il y a déjà eu mise en place de politiques commerciales qui impliquaient plus de coopération, ne serait-ce que le projet de Keynes (à BW), ou la charte de la Havane. Il y avait aussi des accords avec les pays du Sud (ex : Accord de partenariat économique entre l'UE et les ACP [Afrique, Caraïbes, Pacifique]), fondés sur une asymétrie commerciale afin de faciliter leur développement. Or, depuis 30 ans, le monde est plongé dans le néolibéralisme. S. Jean conteste et considère que les accords ACP ne correspondent en rien à des accords permettant l'organisation multilatérale du commerce mondial, il s'agirait d'accord post-décolonisation, les enjeux étaient politiques. Or, aujourd'hui chacun veut tirer parti de ce commerce mondial. Les USA qui après la Guerre ont imposés leur système, et le gère depuis,  cèdent récemment au désengagement envers leur propre système à cause du développement du multilatéralisme de ces dernières années. Pour L. Daziano, D. Trump, qui refuse le  partenariat Transatlantique et Transpacifique se risque à un éloignement de partenaires économiques, en raison d'une non-réciprocité des avantages au sein des accords commerciaux. Les grands enjeux aujourd'hui des traités bilatéraux ou régionaux ce ne sont plus les barrières tarifaires, sous la barre des 5%, mais les normes sanitaires, sociales, environnementales. Or si il n'y a pas d'accord sur ces normes, qui découlent d'une volonté de l'opinion publique, chaque norme sera fixée à l'échelle du pays. Cela pose notamment problème dans le cadre du retrait des Etats-Unis du traité Transpacifique qui laissent alors une place considérable à la Chine qui va mettre en place ses propres normes qui ne correspondront pas avec les opinions publiques occidentales. Les USA proposent même des droits de douanes punitifs aux importations en provenance de Chine à hauteur de 45% ou du Mexique à hauteur de 35%.

    Pour S. Jean, dans l'affaire, la Chine n'en n’a pas tant à y gagner, en effet tout le monde risque d'être perdant : la place perdue des USA ne sera pas nécessairement conquise par la Chine, qui aspire tout de même à asseoir son autorité géopolitique, en prenant le leadership asiatique. Xi Jinping, au forum de Davos a dénoncé le protectionnisme, alors même que la Chine est une économie très fermée (investissements étrangers difficiles) : elle comprend les opportunités qui lui sont offertes. Le principe de l'accord Transpacifique, censé concentrer 40% du PIB mondial et les 2/3 des échanges mondiaux,  signé par Obama était d'éviter une régionalisation asiatique entièrement structurée par la Chine. Huit ans de négociation ont donc été annihilés par D. Trump. Pour Aurélie Trouvé, qui s'opposait avec ATTAC contre le TAFTA et le CETA, la perspective était plus progressiste que protectionniste et anti-migratoire. Le Brexit est l'épicentre de l’absence d'espoir et d'égalisation sociale de la mondialisation. Le développement du bilatéralisme serait une mauvaise chose car il s'agit d'une poursuite de la libéralisation des marchés et une prise de pouvoir croissante des firmes. Laurence Daziano considère que la mondialisation a mauvaise presse, or, elle a permis à 1 milliard de personnes de sortir de la pauvreté dans le monde. Le problème de la mondialisation a été le manque de pédagogie,  on en a pas souligné les bienfaits, et ce faisait on a oublié de protéger les perdants (l’homme blanc du sud-ouest des États-Unis qui a voté Trump, les Anglais qui ont vu les bassins industriels péricliter). Il va falloir protéger les perdants grâce à des politiques de formations accompagnant la création de nouveaux emplois, à noter que la diminution du nombre d'emploi est plus lié à la robotisation qu'à la mondialisation. Pour S. Jean, la mondialisation a bon dos, dans le cadre des accords du CETA, Canada et Union Européenne ont des pratiques de régulations communes. Les USA ont eu des politiques désastreuses dans la gestion et l'accompagnement des évolutions technologiques et de la mondialisation. La polarisation du marché du travail et la stagnation des salaires aurait pu inciter les USA à mettre en œuvre des politiques redistributives. En libéralisant les économies on multiplie les interactions entre les politiques de régulation d'un pays à l'autre, cela augmente les effets de fuite, il y a un risque de perte de compétitivité. Il faudrait favoriser les closes non commerciales dans les accords commerciaux avec des objectifs sociaux, environnementaux voir fiscaux. La situation est paradoxale car aux USA le commerce extérieur est une prérogative du Congrès, or le président peut se prévaloir des politiques étrangères. Par ailleurs il y a beaucoup de contres pouvoirs mais ils sont lents. Le pouvoir de détruire est supérieur au pouvoir de construire. Aurélie Trouvé reprend en affirmant que le grand manque du CETA est justement cette absence de closes non commerciales, et que le constat sur les inégalités sociales ci-dessus est contestable car les inégalités sociales sont depuis 30 ans stables voir en hausse (USA). Ce n'est pas nécessairement la mondialisation qui a gommé les inégalités. L'ALENA aurait généré des milliers de suppression d'emplois.

https://www.franceculture.fr/emissions/leconomie-en-questions/traites-echanges-mondiaux-le-grand-remue-menage

Or, Argent et folie des grandeurs (2017) - une présentation

Par INES CUSSETPublié le 11 mars 2017 à 16:03 ♦ Mis à jour le 11 mars 2017 à 16:21

Cette chronique a été rédigée par Lucie Agnellet

BFM TV - La librairie de l’éco — Emmanuel Lechypre & Jean-Marc Daniel (ESCP Europe) — 1e février 2017

Or, Argent et folie des grandeurs

d'Allesandro Giraudo (spécialiste de l’histoire économique, en particulier des métaux précieux)

 

Ce livre retrace l’histoire de l’exploitation des métaux rares : c’est toujours, à travers les siècles, une même histoire d’esclavage, de fraudes et d’environnement. JM Daniel trouve ce petit livre très court,  fort intéressant, plein d’anecdotes. Ch. Chavagneux le trouve quant à lui "un peu court" mais agréable. Une bonne lecture de vacances, en somme.

Le banquier anarchiste (1922) - une présentation

Par INES CUSSETPublié le 11 mars 2017 à 16:19 ♦ Mis à jour le 11 mars 2017 à 16:20

Le compte-rendu a été rédigé par Lucie Agnellet

BFM TV - Business — La librairie de l’éco — Emmanuel Lechypre & Stéphaine Collot — 1e février 2017

Fernando Pessoa (penseur et écrivain portugais (1888-1935) rédige ce livre dont le titre est étonnant.

  • Anarchie et finance peut paraître contradictoire à première vue !
  • Anarchie : revolte contre les conventions, le pouvoir de l’argent.
  • Quête de la liberté : on se bat alors contre le pouvoir de l’argent. Puis, une fois cette bataille gagné, une autre sorte de pouvoir, de dictature est mis en place par le chef : Conclusion : pour être libre, il faut être riche, pour ne plus avoir le souci de l’argent. Etre anarchiste : c’est un luxe, un problème de riche.

Il s'agit pour Pessoa de conduire tout à la fois la critique d’un capitalisme sauvage et celle de la révolution marxiste, qui tous deux mènent à une impasse. 

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