13 articles dans la catégorie Les fondements de l'économie et de la sociologie

Or, Argent et folie des grandeurs (2017) - une présentation

Par INES CUSSETPublié le 11 mars 2017 à 16:03 ♦ Mis à jour le 11 mars 2017 à 16:21

Cette chronique a été rédigée par Lucie Agnellet

BFM TV - La librairie de l’éco — Emmanuel Lechypre & Jean-Marc Daniel (ESCP Europe) — 1e février 2017

Or, Argent et folie des grandeurs

d'Allesandro Giraudo (spécialiste de l’histoire économique, en particulier des métaux précieux)

 

Ce livre retrace l’histoire de l’exploitation des métaux rares : c’est toujours, à travers les siècles, une même histoire d’esclavage, de fraudes et d’environnement. JM Daniel trouve ce petit livre très court,  fort intéressant, plein d’anecdotes. Ch. Chavagneux le trouve quant à lui "un peu court" mais agréable. Une bonne lecture de vacances, en somme.

Le banquier anarchiste (1922) - une présentation

Par INES CUSSETPublié le 11 mars 2017 à 16:19 ♦ Mis à jour le 11 mars 2017 à 16:20

Le compte-rendu a été rédigé par Lucie Agnellet

BFM TV - Business — La librairie de l’éco — Emmanuel Lechypre & Stéphaine Collot — 1e février 2017

Fernando Pessoa (penseur et écrivain portugais (1888-1935) rédige ce livre dont le titre est étonnant.

  • Anarchie et finance peut paraître contradictoire à première vue !
  • Anarchie : revolte contre les conventions, le pouvoir de l’argent.
  • Quête de la liberté : on se bat alors contre le pouvoir de l’argent. Puis, une fois cette bataille gagné, une autre sorte de pouvoir, de dictature est mis en place par le chef : Conclusion : pour être libre, il faut être riche, pour ne plus avoir le souci de l’argent. Etre anarchiste : c’est un luxe, un problème de riche.

Il s'agit pour Pessoa de conduire tout à la fois la critique d’un capitalisme sauvage et celle de la révolution marxiste, qui tous deux mènent à une impasse. 

La décennie perdue des ménages britanniques

Par INES CUSSETPublié le 07 janv. 2017 à 20:49 ♦ Mis à jour le 07 janv. 2017 à 20:51

Un rapport alarmant de l'Institue for Fiscal Studies (IFS) londonien souligne que les britanniques viennent d'essuyer  une décennie entière sans croissance du salaire réel.

L'Institut — très écouté dans le cadre de l'évaluation des politiques publiques — soutient que le Brexit amplifierait encore ce phénomène et prolongerait l'impact de cette évolution désastreuse jusqu'en 2021.

Le compte rendu de ce rapport par Benaouda Abdeddaïm

 

La librairie de l'éco — BFM — 6 janvier 2017

 

discrimination positive

Par INES CUSSETPublié le 28 mai 2016 à 10:31 ♦ Mis à jour le 07 janv. 2017 à 20:29

Ce texte a été présenté par Clara Guillerm

mots clefs: discrimination positive, politique, racisme, groupe, droit, égalité, société, individu, bénéficiaire.

Gwénaële Calvès

La discrimination positive (2010)

 

chapitre 1, « Une politique de rattrapage entre groupes inégaux »


L’accusation de « racisme inversé » adressée aux politiques de discrimination positive se trouve privée, dans les (rares) contextes historiques où la folle notion de « race » n’a pas servi à justifier l’oppression et les massacres, d’une grande partie de sa charge polémique. Les termes du débat que soulèvent les « préférences raciales » n’en sont pas moins déclinés, dans tous les pays, selon des modalités très largement semblables.

1. Race, caste, tribu, ethnie… : quel que soit le nom qu’on lui donne, le groupe bénéficiaire de la discrimination positive est un groupe auquel on accède par la naissance exclusivement, et dont on ne se libère que par la mort. L’appartenance à ce groupe est une condition nécessaire et, dans la quasi-totalité des cas, une condition suffisante, pour bénéficier de divers avantages refusés, par définition, à tous ceux qui n’appartiennent pas au «groupe cible ».

À ce trait structurel de la discrimination positive est opposé le droit à l’égalité de traitement conçu comme un droit individuel, un droit fondamental à être jugé pour ce que l’on fait et non pour ce que l’on est. Les détracteurs de la discrimination positive soulignent que les bénéficiaires de cette politique sont définis à partir d’une affiliation imposée, d’un trait inné et immuable qui, de plus, a servi par le passé à maintenir leur groupe dans un état de sujétion. Elle sape, à ce seul titre, les bases mêmes d’une société où la naissance n’est plus un principe de hiérarchisation des individus. Elle est une politique d’assignation identitaire qui postule un déterminisme de la pire espèce (certains juges, au sein de la Cour suprême des États-Unis, sont allés jusqu’à suggérer une analogie entre le système de classification raciale sur lequel repose l’affirmative action et les lois de Nuremberg adoptées sous le régime nazi). La notion même de discrimination positive est une contradiction dans les termes, car une mesure qui avantage un individu – et donc en lèse un autre – en raison de sa couleur de peau ne peut jamais receler le moindre élément « positif ».

À cette approche « individualiste » du problème, les partisans de la discrimination positive répliquent que la prise en compte du groupe est un mal nécessaire, un remède triste et brutal qui doit solder l’héritage d’un passé où les droits étaient différenciés en fonction du statut et de la naissance. « C’est à cause de ce passé », a pu soutenir le juge Thurgood Marshall dans un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, « que nous devons permettre à nos institutions de tenir compte de la race lorsqu’elles choisissent ceux qui, en Amérique, détiendront influence, richesse et prestige. […] Si nous voulons un jour devenir une société pleinement intégrée, une société où ce n’est pas la couleur de la peau qui détermine les choix offerts aux individus, nous devons accepter de prendre les mesures nécessaires pour que les portes s’ouvrent » (University of California Regents v. Bakke,1978). Dans une société profondément marquée par les stigmates de la discrimination institutionnelle, les destins individuels sont totalement dépendants du destin collectif, et une politique de mise à niveau entre les groupes apparaît comme le préalable nécessaire à l’instauration d’une société d’individus. Le philosophe américain Ronald Dworkin a ainsi souligné, dans un article paru en 1977 [1], que cette politique destinée au groupe doit être comprise comme l’instrument paradoxal de l’émancipation individuelle. En effet, explique-t-il, « seule l’affirmative action réduira, sur le long terme, le sentiment de frustration et d’injustice dans la communauté noire [et permettra aux] Noirs de commencer à se penser comme des individus aptes, comme les autres, à réussir grâce à leurs talents et à leurs efforts.»

2. Inhérente aux mesures de discrimination positive, la focalisation sur le groupe suscite une seconde série d’objections qui portent non pas sur le principe mais sur l’adéquation entre les moyens choisis et la fin poursuivie. Il ne s’agit plus ici d’opposer les « droits de l’individu » aux «droits du groupe », mais de critiquer l’absence de toute prise en compte de critères socio-économiques dans la mise en œuvre de politiques destinées à combler les écarts de développement imputables à la discrimination passée ou actuelle.

a) Cette critique vise le caractère élitiste des politiques de discrimination positive. En effet, partout où elle s’est établie, l’affirmative action ne cherche pas à lutter contre la pauvreté. C’est une politique de rattrapage qui repose sur une stratégie dite « de la locomotive » consistant à faire surgir, au sein du groupe qu’on cherche à intégrer dans la société globale, des élites sociales, économiques, politiques, etc., dont on parie qu’elles joueront ensuite un rôle moteur. L’effort porte donc sur les couches moyennes et supérieures du groupe défavorisé, qu’on veut aider à atteindre les positions sociales qu’elles auraient « normalement » occupées en l’absence de discrimination.

Le type de priorités retenues par les différentes politiques d’affirmative action manifeste clairement cette volonté de permettre à l’élite du groupe d’accéder aux « lieux de pouvoir » dont elle a si longtemps été exclue : en Afrique du Sud ou en Malaisie, cession préférentielle de parts sociales des grandes entreprises majoritairement détenues par des Blancs et des Chinois ; en Inde, priorités d’accès à une fonction publique traditionnellement monopolisée par les hautes castes ; dans tous les pays, accès facilité aux perspectives de mobilité sociale ouvertes par les établissements d’enseignement supérieur.

La célèbre procédure d’«écrémage » imposée en 1992 par la Cour suprême indienne aux États membres de la Fédération (Indra Sawhney v. Union of India, ou Mandal I)confirme, a contrario, le primat de l’appartenance au groupe dans la détermination des bénéficiaires de la discrimination positive. Les États indiens sont en effet libres de définir, à côté des «castes et tribus répertoriées » bénéficiaires de la politique de «réservation», les « autres classes désavantagées » (OBC) qui peuvent également prétendre à un traitement préférentiel. Mais la Cour, dans son arrêt de 1992, leur a imposé d’écrémer la classe bénéficiaire du quota, c’est-à-dire d’en exclure les membres les plus aisés (creamy layer). Selon quels critères définir ces personnes ? La question a donné lieu à des conflits politiques très durs, que la Cour suprême a tenté d’apaiser dans son arrêt Mandal ii du 10 avril 2008, qui fournit une liste très étoffée d’indicateurs socio-économiques permettant de statuer sur l’appartenance d’un individu à la « couche de crème » de son groupe. Or, le juge constitutionnel indien, dans Mandal i comme dans Mandal ii, a clairement énoncé que la règle de l’écrémage n’est pas applicable aux « castes et tribus répertoriées». En effet, «ce qui constitue ces groupes, ce n’est pas leur situation socio-économique, mais l’intouchabilité. Il existe en leur sein des personnes “socialement avancées” auxquelles pourrait être appliquée la règle de l’écrémage, mais nous décidons que tel ne sera pas le cas, car ces personnes continuent à souffrir de l’intouchabilité, dont [la Constitution] admet qu’elle est une caractéristique distincte du simple statut socio-économique». Même riche, un Intouchable reste un Intouchable.

b) Les bénéfices de la discrimination positive sont donc ouverts sans condition à tous les membres du groupe cible. De fait, on sait bien que seuls les plus privilégiés y auront accès. Les autres n’ont pas vocation à tirer le moindre bénéfice direct d’une politique qui, de toute façon, ne leur est pas destinée. Le cas indien illustre ce déséquilibre de façon particulièrement cruelle, puisque les Dalits, qui constituent un des trois groupes bénéficiaires de la discrimination positive, sont, pour une très large majorité d’entre eux, travailleurs agricoles ou agents d’exécution de tâches réputées « impures » par la société indienne. Ils vivent dans des conditions de dénuement parfois extrême et ils continuent à subir, en dépit de l’abolition officielle de l’Intouchabilité, les effets d’une ségrégation implacable. Il est évident que, pour ces « bénéficiaires » de la discrimination positive, les postes réservés aux Dalits dans la fonction publique, l’enseignement supérieur ou les assemblées élues tiennent du simple mirage…

Aux États-Unis, l’alternative entre l’affirmative action et le « plan Marshall pour l’Amérique noire » que réclamaient certains membres du mouvement pour les droits civiques a été clairement formulée, et délibérément tranchée [2].

Il est avéré que la réduction des inégalités entre groupes (plus ou moins forte d’un pays à l’autre, mais partout attestée), s’est accompagnée, dans tous les pays concernés, d’un accroissement des inégalités internes aux groupes bénéficiaires de l’affirmative action. Les Noirs américains, par exemple, formaient jusqu’au début des années 1960 un groupe social dont le degré de cohésion interne – favorisée, il est vrai, par la ségrégation raciale – était remarquablement élevé. L’affirmative action, en précipitant l’avènement d’une bourgeoisie noire intégrée à la société globale, a poussé ces nouveaux notables à quitter les quartiers noirs traditionnels et a privé le groupe de ses élites « naturelles », contribuant ainsi à la formation de ces vastes regroupements de pauvres que sont les ghettos noirs urbains. L’analyse la plus célèbre du phénomène a été fournie, dès 1978, par le sociologue William Julius Wilson, dans un ouvrage intitulé de manière éloquente The Declining Significance of Race [La race, une catégorie en déclin], complété, en 1987, par une nouvelle étude au titre non moins parlant : The Truly Disadvantaged [Les vrais défavorisés], pour qui les discriminations raciales positives ne sont d’aucun secours.

Mais rares sont ceux, aux États-Unis, qui proposent de remplacer l’affirmative action par un vaste plan de sauvetage des ghettos urbains ravagés par la misère et par la drogue. De la même manière, chacun voit bien, en Inde, qu’il serait autrement plus coûteux d’ouvrir des écoles primaires et secondaires dans les campagnes où vivent les Dalits que de leur réserver à l’Université des places dont on sait par avance que, faute de remplir les conditions minimales d’admissibilité, ils ne pourront pas les occuper.

c) L’objectif de la discrimination positive n’est pas de réduire les inégalités, mais de favoriser l’émergence d’une élite, en tablant sur l’effet de levier ou d’entraînement que produiront sur le reste du groupe des « modèles d’identification positive » activement promus. L’effet psychologique escompté est d’autant plus fort que l’exclusion passée a été radicale. La Cour suprême des États-Unis a ainsi admis à titre exceptionnel l’instauration de quotas d’embauche au profit de « non-Blancs », dans un contexte où ils pouvaient avoir pour effet « la suppression des signes extérieurs et visibles des distinctions raciales naguère encore en vigueur, [et] donner l’impulsion à un processus de démantèlement des barrières, psychologiques ou autres, que les pratiques anciennes ont érigées » (United States v. Paradise, 1987). Dans le même esprit, la Cour a donné son assentiment, dans arrêt Grutter v. Bollinger de juin 2003, à la théorie de la « masse critique » en vertu de laquelle, dans une université, la « destruction des stéréotypes raciaux » et le progrès de la « compréhension interraciale » sont difficilement envisageables en deçà d’un certain seuil d’étudiants issus des minorités.

La Cour américaine soulignait ainsi un trait fondamental de la discrimination positive : elle n’est pas une politique de justice sociale à visée redistributrice, mais bien une politique de rattrapage à caractère foncièrement élitiste, centrée sur le groupe exclusivement.

Editions des PUF, collection « Que sais-je ? »

2. Une « politique raciale » ?

pages 17 à 24

 

La théorie néo-classique du marché du travail

Par INES CUSSETPublié le 27 juin 2016 à 00:53

Pour réviser les fondamentaux : ce quizz rapide et clair

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