Economie

loi du déversement & théorie du ruissellement

Par INES CUSSET, publié le samedi 11 mars 2017 16:11 - Mis à jour le samedi 27 mai 2017 08:52

Le compte-rendu a été rédigé par Lucie Agnellet

BFM TV - Business — La librairie de l’éco — Emmanuel Lechypre — 1e février 2017

autour du livre de Gilbert Cette, Travailler au 21e siècle

Invités : 
Gilbert Cette 
Julien Dourgnon : ancien membre du cabinet d’A. Montebourg lorsqu’il était ministre du redressement productif. 


« Quelle nouvelle protection sociale pour répondre aux transformations du monde du travil provoquées par la mondialisation et la révolution technologique ? »

1e axe - La loi du déversement d’A. Sauvy : va t-elle encore être vérifiée ? 

Gilbert Cette: Les révolutions technologiques ont toujours suscité la peur des destructions d’emplois. Or, les faits « sont têtus » et montrent le contraire : le progrès technique augmente le nombre d’emplois. Une seule exception confirme la règle selon G.Cette : celle de la disparition de la sidérurgie et des mines en France, ou le déversement n’a pas pu avoir lieu en raison de la mise en place des pré-retraites (véritable catastrophe financière selon G.Cette) 
Ainsi, actuellement, des emplois sont menacés (notamment par l’essor de l’intelligence artificielle : qui est en capacité de remplacer l’humain). Mais, il y aura déversement, notamment dans le secteur du numérique et le secteur du service à la personne. (en pleine expansion)
Julien Dourgnon : Les progrès en matière d’intelligence artificielle créera des emplois, mais, leur nombre sera t il suffisant pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail ? De plus, la DIT n’est plus la même : les pays émergents deviennent de sérieux concurrents en matière d’innovation technologique. Ainsi, des emplois seront crées mais, où ? et quelle quantité ? 

2e axe -  théorie du ruissellement (les richesses se diffusent à l’ensemble de la société) et la qualité de ces nouveaux emplois 

Julien Dourgnon : Les services qui d’habitude ne sont pas vraiment concernés par le PT vont l’être. On est face à une « crise du salariat » : crise du capitalisme salarial. Aujourd’hui le salariat est le seul moyen d’accéder à un revenu primaire et à une véritable intégration sociale. Or 1/3 des salariés ne sont pas satisfait de leur situation (chomeurs, précaires…)  Il faut donc retirer le monopole du salariat sur l’accès au revenu et à l’intégration sociale.  Le contrat de travail qui garanti le lien de subordiantion avec l’employeur contre un revenu et une sécurité de l’emploi croissants ne sont plus respectés  
 Il faut ouvrir le salariat à de nouvelles formes de régulation. 

Gilbert Cette : les indépendants et les salariés doivent avoir les mêmes droits. Aujourd’hui un salarié à droit aux allocations chômage, et est reconnu par la justice, à la différence d’un indépendant. (Ex : Chez Uber, un chauffeur peut se faire « déconnecté » et ne dispose d’aucun moyen juridique pour contester la décision d’Uber) 

3ème axe - les solutions 

Gilbert Cette : La protection sociale et le droit du travail ne sont plus adaptés au marché du travail d’aujourd’hui. Pour cela, GC propose la création d’un « droit de l’activité professionnelle » qui consisterait à traiter de manière égale toute la population active quelque soit le statut. Les droits des salariés seraient les mêmes que ceux des indépendants.  Un droit modulé par accord en fonction des branches et des dépendances (UBER : pour cette entreprise, la mise en place de ces droits vaut mieux que de requalifier ses chauffeurs en salariés comme l’a fait le Royaume Uni)
Julien Dourgnon : Le revenu universel est la solution : les salariés doivent pouvoir retrouver un pouvoir de négociation. Le PT, la croissance doit bénéficier à l’ensemble de la société. De plus, ce revenu universel romprait avec l’idée d’un travail subit. Le travail serait alors choisi, et donc le travailleur serait plus productif. 
Mais se pose alors le problème de l’oisiveté ?  Non selon Julien Dourgnon : le travail est émancipateur (donc celui qui ne travaille pas s’exclu) + les retraités sont ceux qui s’investissent le plus dans les associations. 

Critique de Gilbert Cette : Le coût : la mise en place du revenu universel représenterait environ 20points de PIB qu’il faudrait mieux investir ailleurs (éducation, santé… )

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  • Déséquilibres Régulation et Politique publique