Economie

Pourquoi la démographie est-elle presque toujours absente des campagnes électorales ?

Par INES CUSSET, publié le samedi 27 mai 2017 15:00 - Mis à jour le samedi 27 mai 2017 15:02

La démographie en Europe ne laisse pas d'être inquiétante. N'était un solde migratoire positif, la population européenne reculerait. Le point sur les bons et les mauvais élèves.

Ce compte-rendu a été rédigé par Clémence Coudert

Thierry Garcin - Les Enjeux internationauxFrance Culture - 8 mai 2017
Invité : Gérard-François Dumont, géographe, professeur à l’Université de Paris IV Sorbonne
pour son livre Géopolitique de l’Europe : de l’Atlantique à l’Oural.

I- Calendrier politique et calendrier démographie

La politique a un agenda de court-terme contrairement à la démographie.
Par exemple en 1982, en France, on a fait le choix d'abaisser l'âge de la retraite à 60 ans. C'est une décision qui coûte fort peu  d’un point de vue conjoncturel car la génération concernée au moment de cette réforme est peu nombreuse. Cependant dès 1982 le nombre de retraités va augmenter considérablement en même temps que l'espérance de vie s’accroit. Les démographes le savaient ; les politiques l'ont délibérément négligé. 
Un autre exemple, contemporain, celui-ci :l' Allemagne n'assure pas le remplacement de ses générations ; Angela Merkel opte, rationnellement, pour l'afflux massif des Syriens. C'est un choix démographique et politique réfléchi.

II- Explication du désintérêt de la classe politique française

Le refus de voir les nécessités de l’avenir est une erreur. L'enseignement supérieur va mécaniquement recevoir plus de jeunes puisque les générations qui arrivent à l'âge adulte sont nombreuses en France. On devrait le préparer. On sait aussi quelle sera la population active à l'horizon de dix ans. 

La classe politique française semble avoir des difficultés à accepter le lien entre politique et démographie et le lien entre économie et démographie. Pourtant, indéniablement, les pays européens où la démographie est la plus basse sont toujours les pays qui n’ont presque pas de politique familiale. La corrélation est très forte entre ces deux éléments. 

Il est vrai que le système politique qui administre l’UE ne favorise pas cette prise de conscience: la présidence du conseil européen ne dure que 6 mois ; ce calendrier ne favorise pas la prise en compte des questions de fond !

III- Pas de renouvellement de la population en Europe : suicide sociologique ?

Force est de constater
- la baisse de la population - si l'on considère le solde naturel.
- la baisse de la population active
- le vieillissement de la population
- des différences fortes de culture au sein de l’UE.

Par exemple la fécondité est dans les pays où les individus ne se sentent pas tenus (socialement) d'être mariés au moment de la procréation. On observe par exemple des disparités très forte, entre la France et la Suède d'un côté et l'Espagne, de l'autre. 

IV- Effet du vieillissement de la population

Ces effets se font déjà bien sentir, notamment sur les comptes sociaux : le financement des retraites, bien sûr et l'assurance maladie, d'autre part.

conclusion : il faut prendre en considération la question de l'intégration. Pour que l'intégration soit possible ou facilité, il faut une population nationale assez grande pour transmettre les coutumes du pays d’accueil. La ghettoisation des populations récemment arrivées sur le territoire français ne favorise pas l'intégration des enfants, ne favorise pas leur adaptation. 

 

éléments factuels :

la mortalité dépasse la natalité
En 2015 : 5,1 millions de naissances pour 5,2 millions de décès
La génération baby boom (classes très nombreuses) arrive à l'âge critique : augmentation du nombre de personnes âgées et donc du nombre de décès.
Cependant la population européenne continue de croître car entre 1 et 2 millions de personnes entrent en Europe chaque année
ex : 2015 : 1,9 millions de migrants

Pour 2015, on peut faire la liste des "mauvais élèves" :
Bulgarie (-6,2%), Croatie (-4%), Hongrie (-4%), Roumanie (-3,8%), Lituanie (-3,5%). Ces pays ont une natalité faible et une mortalité élevée.
Les "bons élèves" en revanche sont :
Irlande (+7,7%), Chypre (+3,9%), Luxembourg (+3,7%), France (+3%), R-U ( +2,7%). Des politiques nationales volontaristes sont mises en œuvre.

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