Economie

Quantiative easing…ce que vous avez toujours voulu savoir !

Par INES CUSSET, publié le dimanche 10 décembre 2017 12:11 - Mis à jour le dimanche 10 décembre 2017 12:18
Capture d?écran 2017-12-10 à 12.10.58.png
Un exemple récent, bien simple — et un peu cuisant — des facilités que la BCE fait aux entreprises européennes dans le cadre de sa politique "d'assouplissement budgétaire" (assouplissement quantitatif).

La BCE piégée par les obligations Steinhoff

La Banque centrale européenne a acheté des obligations émises par la branche autrichienne de Steinhoff. Elles ont perdu plus de 40% de leur valeur après la révélation d'irrégularités comptables au niveau du groupe.

La Banque centrale européenne se retrouve mêlée bien malgré elle à la tourmente de Steinhoff.

Steinhoff dans la tourmente

Le spécialiste sud-africain du meuble, propriétaire de Conforama en France, est au coeur d'une affaire d'irrégularités comptables qui a poussé son PDG à la démission mardi soir (5.12.2017). Réaction immédiate : l'action du groupe, coté à Francfort, a dévissé de 70% en deux jours. Une tempête qui n'a pas non plus épargné les obligations de Steinhoff.

Le principe "quantitative easing" mis en œuvre au quotidien

C'est là que la BCE entre en scène. Pour diversifier ses sources de financements, Steinhoff a émis des obligations depuis une filiale autrichienne Steinhoff Europe AG en juillet.
Et la Banque centrale européenne en a acheté dans le cadre de son programme d'achat massif de titres pour lutter contre la déflation (Quantitative Easing).
Or, les obligations européennes Steinhoff ont perdu 40%  de leur valeur en une journée.

Une potentielle perte sèche pour la BCE

La BCE va donc se retrouver avec une perte de valeur de son « portefeuille » d'obligations.
Car si c'est la Banque de Finlande qui a acquis les titres pour le compte de l'Eurosystème, les gains et les pertes sont partagés par toutes les banques centrales.

La BCE ne communique pas sur le montant total des d'obligations Steinhoff qu'elle détient.

Des règles pour "limiter la casse"

Selon ses propres règles en matière d'obligations d'entreprises, elle peut posséder jusqu'à 70  d'une même souche, soit — dans le cas présent de Steinhoff — 560 millions d'euros au maximum.
Un montant, qui même en cas de défaut effectif, ne devrait pas trop la pénaliser.
En effet, dans le cadre de son programme d'achat, la BCE a déjà acquis près de 2.200 milliards d'euros de titres, dont 121 milliards de dette d'entreprises.

Les ECHOS
Guillaume BENOIT
le 07/12 à 15:31
Mis à jour le 08/12 à 10:05

Pièces jointes
Aucune pièce jointe
Catégories
  • Déséquilibres Régulation et Politique publique