Spécificités voie ECE

Un Kurdistan ? trois Kurdistans ?

Par INES CUSSET, publié le lundi 29 janvier 2018 10:20 - Mis à jour le lundi 29 janvier 2018 10:22

Les voies économiques ne font pas de géopolitique ? ils ne rédigent pas de composition au concours, non…mais ils sont ouverts sur ce qui se passe dans le monde…

 


compte-rendu rédigé par Valentin Michel, ECE 2015-2017 — HEC 2017-2020/21 

France Culture—Thierry Garcin—Les enjeux internationaux

29 décembre 2015

Invité : Alan Kabal,

correspondant du journal Le Monde

35 millions de kurdes sont répartis aujourd'hui entre la Turquie, la Syrie et l'Irak et l'Iran.

Dans le Sud Est de la Turquie les combats entre l'armée turque et les militants du PKK durent depuis le début de l'été...

En Turquie les tensions armées persistent entre le gouvernement et les différents groupes représentants les kurdes du pays... Le parti politique kurde légal le HDP – outsider aux législatives d’avant l’été – en paie également le prix : il a subi hier un coup très dur avec son exclusion par Erdogan du dialogue parlementaire qui doit mener à une nouvelle constitution...

Et les tensions s'étendent : mercredi dernier une explosion meurtrière à l'aéroport d'Istanbul était revendiquée par un petit groupe urbain les Faucons de la Liberté du Kurdistan... Le lendemain l'armée turque annonçait avoir tué 200 militants du PKK... 

En disgrâce rapide en Turquie, les kurdes sont aussi à un moment critique en dans toute la région où ils sont présents, avec des zones de conflits et d'intérêts très variés :

En Syrie, les combattants des YPG qui se sont illustrés à Kobané viennent de remporter une victoire importante contre l’EI avec des combattants arabes, ils pourraient former le cœur d'une future coalition démocratique et pro occidentale... Ce sont les espoirs de certaines diplomaties... Mais rien n'est joué... 

En Irak, les kurdes du Parti Démocratique du Kurdistan PDK se trouvent dans une position plus difficile... Donnés gagnants du nouvel Irak en 2009, ils sont aujourd'hui dans une position plus fragile.

Aurait-on pensé il y a un an et demi au moment de l'offensive de l'EI à la possibilité d'un Etat kurde transnational, d'un grand Kurdistan ? Mais il serait peut-être plus raisonnable aujourd’hui d’évoquer trois Kurdistans.

On a changé de monde : le HDP portait la promesse d’une réconciliation entre turcs et kurdes.

Aujourd’hui, on peut presque parler de guerre civile en Turquie. Le HDP (le parti politique kurde) ne parvient plus à représenter les intérêts de la population civile. Le HDP est « coincé » entre l’Etat turc d’un côté et le PKK de l’autre — qui ne veut déposer les armes sous aucun prétexte.

En effet, le HDP tient sa légitimité de sa reconnaissance par le PKK. Or, le PKK a pris la décision de porter la guerre dans les centre des villes kurdes et le HDP est incapable de faire entendre la voix des civils kurdes.

Par exemple Abdulaoud Chalan, l’ancien leader PKK (en prison depuis les années 90) a perdu son autorité sur le mouvement et ne peut pas obtenir la fin de la lutte armée.

En Syrie, la situation des kurdes, laisse plus d’espoir. Le 26 décembre une coalition à laquelle ils ont pris une part active a enlevé à l’Etat Islamique le barrage de Tichrine. Forts de cette victoire, les kurdes de Syrie  veulent élargir leur base et accueillir des combattants appartenant à d’autres minorités, des groupes chrétiens par exemple ou encore des groupes arabes rebelles.

Au nord de l’Irak, les kurdes du PDK remportent eux aussi des victoires importantes mais tardives. Elles auraient été impossibles sans le soutien de la coalition internationale. Sur le plan économique et politique la situation du Kurdistan irakien est pourtant difficile : le mandat du président Massoud Barzani s’est achevé en aout dernier. 

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